Élever le niveau : quand un MOF façonne le futur
Être Meilleur Ouvrier de France (MOF) renforce chez Garry une exigence déjà naturelle : il pousse ses élèves de l’École Nationale des Fleuristes à atteindre le meilleur d’eux-mêmes, car ils deviendront les professionnels et les responsables de demain.
Pour cela, il leur transmet non seulement la créativité propre au métier, mais aussi la rigueur et la méthodologie indispensables pour créer avec maîtrise et gérer avec compétence.
Il est régulièrement surpris et ému par ses élèves : leur créativité, leurs choix de matières ou de textures, et les moments forts comme les remises de diplômes font écho à son propre parcours et touchent profondément celui qui fut un jour à leur place.
Pour lui, enseigner les gestes avec précision est essentiel, car le métier de fleuriste est un vrai savoir-faire, souvent méconnu. Reconnaître, observer et comprendre les végétaux précède toute création. Les fleurs, dit-il, « remplacent les mots » : elles transmettent des émotions aussi puissantes qu’un message.
Quant à la fleur qui représenterait son enseignement, il ne veut pas choisir : son approche se construit comme un bouquet harmonieux, mêlant la délicatesse de la tulipe et la robustesse des fleurs exotiques, une alliance de douceur, de force et d’équilibre, à l’image de sa pédagogie.
• Être MOF change-t-il votre manière de transmettre ?
→ Je suis quelqu’un de très exigeant avec moi-même et donc je le suis avec mes jeunes. J’essaye au maximum de les pousser toujours un peu plus loin, un peu plus haut, un peu plus fort. Ils vont devenir des futurs chefs d’entreprise et futurs responsables de magasins. C’est à nous de leur montrer toutes les ficelles du métier. On a une part de création, une part de personnalité. Mais avant d’exprimer toutes ces choses-là, il faut être aussi un bon gestionnaire. Donc il faut avoir aussi une certaine rigueur. Et c’est à moi aussi de leur apporter ça, une certaine méthodologie de travail pour aller le plus loin et de produire des choses de qualité.
• Y a-t-il un moment où un élève vous a surpris, ému ?
→ Surpris et ému, je le suis toujours. Nous on leur apporte toujours des bases et après eux expriment leur créativité personnelle. Ce qui m’a plu, moi, quand j’ai commencé ce métier, c’est qu’on peut avoir les mêmes produits, les mêmes fleurs, les mêmes contenants, on va faire toutes et tous des choses différentes. Un jeune peu à la fois me surprendre dans son choix de matière, de texture. L’émotion peut parfois me prendre au niveau des résultats, a niveau, par exemple, des remises de médailles, des remises de prix parce que je me revois aussi à leur place, jeune étudiant, et d’avoir un diplôme, de recevoir son BP ou autre. C’est toujours pour moi un moment un peu touchant.
• Pourquoi est-ce important de transmettre les gestes du métier avec précision ?
→ Il est très important pour nous de montrer que notre métier est un métier à part entière. Quand on pose la question aux gens « ah bon, fleuriste, il y a une formation ». Et oui, il y a une formation. Parce qu’avant de savoir assembler, avant de savoir manier, avant de savoir marier, toutes ces couleurs, ces végétaux, il faut tout d’abord savoir les reconnaître, les regarder. Moi je dis toujours que les fleurs remplacent les mots. Nous sommes des vecteurs d’émotions, qu’avec une fleur, on peut dire je t’aime, on peut dire je pense à vous. La fleur remplace les mots.
• Quelle fleur pourrait représenter votre manière d’enseigner ?
→ On a tellement de choix de fleurs que je ne saurais pas me poser sur un produit ou un végétal qui va vraiment plus me distinguer sur ma façon d’enseigner. Je pense qu’on peut être délicat, comme peut l’être une tulipe, et très robuste comme peut l’être une fleur exotique. Je pense que tout ça se marie dans un bouquet. Pour moi, un bouquet de fleurs complet que l’on compose soi-même.
