(Source : ENF et bureau d’études VED.EARTH, 21 juin 2026)
L’École Nationale des Fleuristes franchit une nouvelle étape dans son engagement environnemental avec la présentation de son premier Bilan Carbone® 2024, réalisé en partenariat avec le bureau d’études VED.EARTH. Bien plus qu’un exercice de mesure, cette démarche marque un tournant pour la formation florale : analyser son impact, repenser ses pratiques et engager une transformation concrète au service des futurs fleuristes.
1. Le Bilan Carbone®
Le Bilan Carbone® est une méthode de référence pour mesurer l’impact climatique d’une organisation. Créé par l’ADEME, cet outil permet d’évaluer l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre, de mobiliser les acteurs autour d’une démarche concrète de transition écologique et de construire une stratégie de réduction durable des émissions.
2. Restitution du Bilan Carbone® 2024 de l’ENF
Face aux enjeux climatiques, cette restitution marque une étape importante pour l’ENF. Cette ambitieuse initiative, pionnière pour un Centre de formation, permet de faire un premier état des lieux et de pouvoir envisager les transformations utiles et adaptées à la fleuristerie.
Pour Lili Tisseyre, Directrice Générale de l’École Nationale des Fleuristes : « Cette première photographie est essentielle parce qu’elle nous dit d’où nous partons. Elle nous aide à identifier nos principaux postes d’impact. Elle nous oblige à regarder nos pratiques avec précision. Et surtout, elle nous donne une base solide pour agir. »
3. Une filière florale face aux enjeux de la transition écologique
Le changement climatique impacte déjà directement la production florale, avec un décalage des floraisons, une modification du rythme des saisons ainsi qu’une prolifération des ravageurs et des maladies. Ces évolutions influencent également l’apparence et la qualité des fleurs.
La filière doit aussi composer avec des tensions économiques et logistiques croissantes. La dépendance aux approvisionnements internationaux et aux énergies fossiles fragilise la chaîne d’approvisionnement, tandis que la hausse des coûts énergétiques pèse durablement sur l’activité.
Parallèlement, les attentes des consommateurs évoluent. Les clients recherchent davantage de transparence sur l’origine des fleurs, leur saisonnalité, leur traçabilité et leur impact environnemental. Les professionnels sont désormais amenés à démontrer concrètement leurs engagements en matière de responsabilité et de durabilité.
4. Éco responsabilité et formation fleuriste
L’ENF intègre l’éco-responsabilité au cœur de la formation de ses apprentis (CAP et BP Fleuriste, adultes en reconversion professionnelle). Sensibilisation à l’impact environnemental du métier, choix des approvisionnements, gestion des déchets, consommation raisonnée ou encore nouvelles pratiques durables : les futurs fleuristes sont formés à conjuguer créativité florale et engagement écologique afin de répondre aux enjeux de la transition de la filière.
Comme l’a rappelé Lili Tisseyre, la transmission est au cœur de l’engagement de l’ENF. Au-delà de l’apprentissage du métier, l’école forme les futurs fleuristes à une approche plus responsable de leur pratique : comprendre l’origine des produits, intégrer les enjeux de traçabilité et de saisonnalité, privilégier la qualité et développer une vision durable du métier et de l’ensemble de la filière florale.
5. Résultats de l’analyse
Les chiffres ont été analysés à partir des éléments communiqués pour l’année 2024.
L’analyse met surtout en lumière les principaux postes d’émissions, dominés par les services, les déplacements, le fret, les achats de biens et de matières, ainsi que l’énergie et les immobilisations.
Cette hiérarchisation permet d’identifier plus précisément les leviers d’action. Les déplacements figurent parmi les postes notables, même si l’étude souligne un facteur favorable lié à la localisation parisienne de l’établissement. L’accès à un réseau dense de transports en commun contribue en effet à limiter l’empreinte carbone des trajets quotidiens, qu’il s’agisse des étudiants ou des équipes. Une attention particulière est d’ailleurs portée dans le rapport aux mobilités des salariés et des apprenants de l’ENF.
Le fret entrant représente également un enjeu significatif, en particulier pour l’acheminement des fleurs depuis le marché de Rungis jusqu’à l’école. Son calcul intègre plusieurs paramètres, dont la distance parcourue, le volume de tiges transportées, la fréquence des livraisons et le poids total acheminé.
6. Après la mesure, l’action : une nouvelle étape pour la transition de la filière florale
La restitution du Bilan Carbone® ne constitue pas une conclusion, mais l’ouverture d’une nouvelle phase. L’UNF et l’ENF souhaitent désormais poursuivre leur engagement en intégrant la démarche ACT Pas-à-Pas, toujours en collaboration avec le bureau d’études VED.EARTH. L’ambition est de structurer une véritable stratégie de transition, fondée sur des priorités claires, une gouvernance définie et un plan d’action progressif.
Pour la direction générale, l’enjeu est de faire de ce travail bien plus qu’un exercice technique. Il ne doit pas rester réservé à quelques spécialistes, mais devenir un outil partagé, accessible et mobilisateur. Une véritable « boussole commune », destinée à guider les choix et à accompagner l’évolution des pratiques au sein de la filière.
Dans cet esprit, la restitution n’est pas perçue comme une fin en soi, mais comme le point de départ d’une dynamique de transformation appelée à s’inscrire dans la durée.
7. L’école des fleuristes ouvre la voie à une transformation du métier
Dans un contexte où l’origine des fleurs, leurs conditions de production, leur transport ou encore leur saisonnalité sont de plus en plus interrogés, cette initiative apparaît comme une étape structurante pour la profession. Loin d’un discours prescriptif, la démarche vise avant tout à objectiver les impacts, à mieux comprendre les enjeux et à engager une dynamique d’amélioration continue.
Lors de la restitution, l’objectif affiché était clair : faire de ce travail non pas un document supplémentaire, mais un véritable levier de transformation. Un outil pour mieux former, mieux choisir, mieux expliquer, mieux transmettre et, à terme, renforcer la capacité du métier à se défendre et à évoluer.
Pour les élèves comme pour les professionnels, cette approche constitue un point d’appui. Elle rappelle que la transition écologique ne se limite pas à des contraintes, mais peut aussi devenir un facteur de valorisation du geste, de clarification des filières et de renforcement du rôle-conseil du fleuriste dans un secteur en mutation.
Dans cette dynamique, l’UNF affirme son engagement en faveur de l’avenir de la profession : structuration de filières plus locales et transparentes, revalorisation du métier, lutte contre les tensions de recrutement et accompagnement face à la concurrence accrue du e-commerce et de la grande distribution. Aux côtés de son école, elle assure également la transmission des savoir-faire afin de préparer la relève et de garantir la pérennité des points de vente.
Quelques chiffres (année de référence 2024) :
• Résultats : 555 t CO2e
• Principaux indicateurs :
- 1,5/t CO2e/étudiant
- 3,65 kg CO2e/tige achetée
- 22,2 t CO2e/employé
• Déplacement étudiants :
- Métro : 34,3 %
- RER : 31,7 %
- TER : 13,0 %
